Hello mes poulpes,
Alors voilà heu…aujourd’hui pas de thème girly ni d’illustration brut, mais plutôt une BD pour illustrer un thème qui me touche de trés prés.J’ai voulu illustrer le débat sur l’adoption abordé dans une émission talk que vous connaissez certainement. Ce qu’il y a été dit est terriblement juste que ça plaise ou non aux parents et au mère adoptive en particulier. Car pour une fois on décrit et témoigne de l’adoption sous un angle bien différent de la « simple belle histoire de l’adoption » que tout le monde veux bien entendre.
J’en ai fais un condencé en reprenant les phrases qui font échos à ma propre histoire, tout en apportant ma voix à ce débat ho! combien émotionnel chez moi.
Alors voilà c’est avec les yeux grands ouverts et beaucoup d’attention que :
NB: Tinan à été « enlevé » à ses parents biologique puis adoptés sans leur consentement. A son arrivée en France on lui a arbitrairement changé sont prénom Haïtien sans son consentement.
NB: Aujourd’hui cela fait 8 ans que Tinan ne parle plus à sa mère adoptive. Il ne souhaite toujours pas renouer le contacte avec cette dernière.
Voilà…et autant vous dire qu’après avoir vu de cette émission beaucoup de sentiments sont remontés en moi.
J’en ai même pleuré…tellement je comprends ce qu’ils ont pu ressentir!!
Toutes les problématiques soulevées dans ce débat j’y ai été confronté à un moment ou à un autre de mon parcours. Je me les suis posées ces questions : C’est quoi une Mère? C’est celle qui m’a mise au monde? C’est celle qui m’élève? Somme nous obligeait d’aimer ces mères? Pourquoi pour être politiquement correcte on devrait dire « oui » et « amen » à cette situation?
Certaines prises de paroles au court du débat ont fait échos en moi. Je me suis reconnu dans beaucoup de choses qui ont été dites. Et je comprends tout à fait les ressentiments de Tinan et Barbara parce que je les ai vécus et je les vis encore. Cette révolte intérieure, ce sentiment d’être entre deux cultures mais, de n’appartenir à aucune d’elle. Ne pas se reconnaitre dans l’adulte qui nous élève, et je rajouterais à cela que ce sentiment amplifie au fur et à mesure que l’on grandit.
Etre en décalage complet avec l’environnement dans lequel on doit évoluer.
Même si nos processus d’adoption sont différents, je me retrouve à la fois chez Tinan lorsque qu’il évoque un manque d’identité et une atteinte à son intégrité face à une mère trop présente dans sa vie et trop sévère et le fait qu’il soit intérieurement révolté. Chez Barbara je me reconnais lorsque qu’elle parle de ce sentiment de n’être rien ni personne, si elle n’avait pas été adoptée, parce que on lui a rabâché que grâce à son adoption elle a eu cette chance donnée d’avoir une vie meilleure (je l’ai beaucoup entendu aussi). Mais qu’en s’avons-nous au fond ?!! Nul ne peut être malheureux de quelque chose qu’il n’a pas eu et ne connait pas!!!
Moi j’entendais souvent « si tu es malheureuse on peut te renvoyer dans ton pays! », « arrête de jouer les causettes » et j’en passe…
D’où ce sentiment de dette énorme vis-à vis du parent adoptif, mais aussi de tristesse et de ressentiment.
Alors, on s’adapte on joue un rôle pour plaire et faire plaisir et petit à petit on refoule ce que nous sommes ainsi que nos sentiments. Jusqu’au jour où il y a une rupture en nous et que comme Tinan on a ce besoin de rompre la relation pour vivre sa propre histoire. Je n’en ai pas eu le courage et je ne l’aurai peut-être jamais au fond (pour pleins de raison qui me sont propres et qui sont top longue à expliquer ici).
On a besoin alors de faire comme un « RESET » sur ses émotions afin de se TROUVER et se RETROUVER soi, car comme le dit Tinan c’est la condition « cinequanon ».
Autant de phrases fortes, de mot que j’aurais moi-même pu exprimer et qui m’ont réveillé sur ce mal-être qui m’habite depuis très longtemps.
Comme Tinan je me suis adaptée sur adaptée, sans jamais oser parler, mais tout en étant très révoltée à l’intérieur.
Révoltée de ne pas trouver ma place, de me mettre en soumission par peur d’être rejeté sans doute mais aussi par peur de décevoir (ceux qui mettent tant d’espoir de volonté et d’amour à nous prendre sous leurs ailes).
Il faut certes beaucoup de courage et d’amour pour élever un enfant qui n’est pas le sien, mais il en faut tout autant je crois pour s’adapter à cette vie et grandir avec cette idée.
Le propre de la survie n’est -il pas de s’adapter?
Comprendra qui le peux…
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